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Inférence d'IA à grande échelle : Accélération du PIB

Le Canada n'a pas besoin de remporter la course mondiale à la construction des plus grandes grappes de formation pour gagner la course à la croissance. La voie la plus rapide vers des gains mesurables du PIB consiste à amplifier notre main-d'œuvre existante avec des outils d'IA axés sur l'inférence — un problème de déploiement, et non un concours de recherche. Avec des investissements ciblés, des garde-fous souverains et des approvisionnements qui récompensent les résultats, le Canada peut transformer l'IA en productivité à grande échelle dans un délai de 12 à 24 mois.

Richard St-Pierre·3 septembre 2025·8 min read
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Constat clé : L'avantage comparatif du Canada réside dans le déploiement gouverné à l'échelle — transformer des modèles de classe mondiale, où qu'ils soient entraînés, en outils souverains et fiables entre les mains des Canadiens. Si seulement 5 % des travailleurs réalisent un gain de productivité net de 40 % sur leur ensemble de tâches, une augmentation d'environ 2 % du PIB réel en découle dans le scénario de base — et ces gains arrivent maintenant, et non après des dépenses de formation spéculatives sur plusieurs années.

Le Canada n'a pas besoin de gagner la course mondiale à la construction des plus grands clusters de formation pour gagner la course à la croissance. La voie la plus rapide vers des gains mesurables du PIB est d'amplifier notre main-d'œuvre existante avec des outils d'IA axés sur l'inférence — des systèmes qui « réfléchissent avant de répondre », automatisent le travail de connaissance routinier et améliorent la qualité et la rapidité des décisions quotidiennes. Il s'agit d'un problème de déploiement, pas d'un concours de recherche. Avec des investissements ciblés, des garde-fous souverains et des acquisitions qui récompensent les résultats, le Canada peut convertir l'IA en productivité à l'échelle en 12 à 24 mois.

La logique macroéconomique : de la productivité individuelle à la production nationale

Le PIB croît à court terme lorsque davantage est produit avec le même nombre d'heures de travail, et à long terme lorsque le capital et la productivité totale des facteurs augmentent. Les outils d'inférence — copilotes pour la rédaction, l'analyse, le codage, les vérifications de conformité et les flux de travail des réunions aux livrables — réduisent les temps de tâche, améliorent la qualité de la première passe et permettent le travail parallèle.

Deux mises en garde méritent d'être mentionnées. Premièrement, la réalisation est importante : les organisations doivent repenser les flux de travail et traduire les gains de temps en files d'attente plus courtes, en SLA plus rapides, en plus de dossiers traités ou en embauches évitées. Deuxièmement, les avantages se cumulent : l'investissement dans les outils d'inférence augmente également le stock de « capital immatériel » (guides pratiques, invites, modèles validés, ontologies de domaine), poussant à la hausse la production potentielle à long terme.

Pourquoi le Canada devrait prioriser l'inférence plutôt que la formation de modèles de pointe

Le Canada est un preneur d'échelle, pas un fixateur de prix, dans la formation de modèles valant des milliards de dollars. La formation de modèles de pointe nécessite des centres de données de plusieurs gigawatts, un approvisionnement en mémoire exotique et de longues chaînes d'approvisionnement mondiales — des paris à haut risque et à faible certitude pour une économie de taille moyenne. En revanche, le déploiement axé sur l'inférence est peu gourmand en capital, rapide à mettre en œuvre et touche la vaste base du PIB axé sur les services (administration publique, santé, éducation, finance, services professionnels). La technologie est suffisamment mature pour être livrée dès maintenant, et la performance par watt s'améliore à chaque cycle de produit. En termes simples : nous devrions acheter la courbe de coûts décroissante, pas la financer.

Le Canada est mieux positionné pour l'infrastructure du cycle de vie d'un produit déployé. Une bonne règle de base concernant l'utilisation du GPU au cours de l'évolution du modèle d'IA :

  • Pré-entraînement : le grand pic. ~90–98 % du calcul pour la construction d'un modèle ; tombe à 30–60 % du calcul total du cycle de vie une fois que vous servez de nombreux utilisateurs.
  • Post-entraînement (SFT/RLHF) : faible. ~0,5–5 % du calcul total.
  • Raisonnement au moment de l'inférence : minime au moment de la construction, mais dominant en production si l'utilisation est élevée ou si vous activez un raisonnement de type long/chaîne de pensée. Typiquement 40–70 % du calcul du cycle de vie à l'échelle.

Utiliser « 1 unité » = un passage avant pour générer un jeton.

  • Pré-entraînement :3 unités par jeton d'entraînement (avant + arrière), sur des billions de jetons → énorme calcul ponctuel.
  • Post-entraînement : similaire 3× par jeton mais sur ~1–5 % du nombre de jetons → faible.
  • Raisonnement au moment de l'inférence :r unités par jeton de sortie, où r = 1–3 pour un chat normal, r = 5–20 pour un raisonnement profond/au moment du test (auto-cohérence, boucles d'outils, CoT long). Si vous servez de nombreux jetons, cela domine.

Proportions utiles dans trois scénarios courants :

ScénarioPré-entraînementPost-entraînementInférence
Construction seulement (pas encore d'utilisateurs)~96%~3%~1%
Utilisation modérée (~4T jetons de sortie/an, r=3)~66%~2%~32%
Produit de raisonnement à l'échelle (~10T jetons de sortie/an, r=5)~32%~1%~67%

La pile technologique que le Canada doit déployer — Conçue pour la productivité, gouvernée pour la souveraineté

Une pile nationale de productivité de l'IA devrait être standardisée, souveraine et orientée vers les flux de travail qui animent la production publique et privée :

  • Copilotes et agents au point de travail : copilotes de rédaction/analyse dans les suites bureautiques ; copilotes de code ; agents de réunion → procès-verbaux → tâches ; automatisations de formulaires à rapports ; assistants augmentés par récupération pour les politiques, les cas et les précédents.
  • Couche de récupération (RAG) : connecteurs sécurisés aux référentiels départementaux/d'entreprise (SharePoint, stockages de fichiers, systèmes de cas), avec mise en cache, évaluation et invites de « red team » pour prévenir les hallucinations.
  • Orchestration et surveillance : politique en tant que code, contrôle des invites/versions, journaux d'audit, limitation de débit et compteurs de coûts par utilisateur/équipe afin que les gestionnaires puissent voir le temps économisé et les défauts évités.
  • Plan de contrôle souverain : résidence canadienne pour les données et les journaux ; clés gérées par le client ; calcul confidentiel là où disponible ; fragmentation/partitionnement des données au-dessus du stockage ; accès fort basé sur l'identité/les attributs pour les dossiers sensibles.
  • Garde-fous de confiance et de sécurité : détection des renseignements personnels (PII), DLP, filtres de contenu et garde-fous spécifiques au secteur (santé, justice, finance), avec examen humain pour les résultats à haut risque.
  • Choix de modèles : utiliser les points d'extrémité d'inférence (commerciaux et ouverts) les meilleurs disponibles via une couche de courtage afin que les charges de travail puissent être commutées pour le coût, la latence ou le risque — sans dépendance vis-à-vis d'un fournisseur.
  • Énergie et périphérie : favoriser l'inférence efficace (jetons par watt) et permettre des empreintes sur site/en périphérie pour les environnements de données sensibles à la latence ou restreints (hôpitaux, tribunaux, services sur le terrain).

Politique pour convertir le potentiel en PIB mesuré

  • Acquisition qui paie pour les résultats : pré-approuver un catalogue de services et de modèles d'IA ; contractualiser pour la réduction du temps de cycle, le débit de cas et les taux d'erreur, et non seulement les licences. Laisser les fournisseurs concourir sur le coût par heure économisée et l'amélioration de la qualité.
  • Garde-fous de souveraineté par défaut : exiger la résidence canadienne pour les journaux et les intégrations ; exiger un KMS sous contrôle canadien ; inclure des assurances d'accès légal et des SLA de signalement d'incidents ; standardiser les niveaux de risque des modèles et les exigences d'examen.
  • Habilitation à l'échelle : financer des guides pratiques basés sur les rôles (par exemple, « pack d'adjudicateur de réclamations », « pack de RFP », « pack de préparation de cas ») et des cohortes de formation de formateurs ; exiger de chaque ministère/entreprise d'instrumenter trois flux de travail à volume élevé et de publier des métriques trimestrielles.
  • Diffusion auprès des PME : fournir des subventions de contrepartie ou des crédits d'impôt pour la première année d'adoption par les PME dans les services, la construction, la logistique et les soins — des secteurs où les gains de temps de cycle sont rapidement monétisés.
  • Talent et sécurité : micro-certifications pour l'ingénierie des invites, l'évaluation et les opérations d'IA (AIOps) ; créer un registre public d'invites/modèles évalués avec des notes de « red teaming » pour réutilisation à travers le gouvernement et l'industrie.

Un programme national de 12 mois (séquencé pour l'impact)

Trimestre 1 : Établir le plan de contrôle souverain et le cadre d'approvisionnement; intégrer un ensemble de copilotes essentiels; sélectionner 10 flux de travail nationaux couvrant les aiguillages en santé, le traitement des prestations, les inspections, la préparation de dossiers, l'attribution de subventions et la rédaction de demandes de propositions. Établir les temps de cycle et les taux d'erreur actuels.

Trimestre 2 : Déployer la récupération vers les référentiels départementaux; livrer des agents modèles pour les 10 flux de travail; commencer la production de rapports mensuels sur les heures économisées, les défauts évités et les dossiers clôturés.

Trimestre 3 : Étendre à 50 flux de travail dans les provinces/municipalités et les industries prioritaires; publier un tableau de bord public des économies réalisées (heures, dollars, niveaux de service).

Trimestre 4 : Optimiser : échanger les modèles pour un meilleur coût/latence, renforcer les garde-fous et formaliser l'évaluation continue. Commencer à codifier le capital immatériel (invites, ontologies, tests d'équipe rouge) comme un actif national partagé.

À quoi ressemble le succès

En un an, des réductions mesurables des temps de cycle (20 à 60 %) dans les flux de travail prioritaires; une qualité de première passe supérieure (moins de révisions/appels); et une capacité de première ligne équivalente à des milliers d'ETP réaffectés à des tâches à plus forte valeur ajoutée — sans augmenter les effectifs. Si seulement 5 % des travailleurs réalisent un gain de productivité net de 40 % sur leur ensemble de tâches, l'augmentation d'environ 2 % du PIB réel dans le scénario de base s'ensuit. Une adoption plus large étend l'effet. Surtout, ces gains arrivent maintenant, et non après des dépenses de formation pluriannuelles et spéculatives.

En résumé

L'avantage comparatif du Canada est le déploiement gouverné à l'échelle — transformer des modèles de classe mondiale, où qu'ils soient formés, en outils souverains, fiables et omniprésents entre les mains des Canadiens. En se concentrant sur la productivité axée sur l'inférence, en standardisant une pile souveraine et en payant pour les résultats, nous pouvons convertir l'IA de battage médiatique en une croissance du PIB tangible en dollars canadiens — rapidement, de manière responsable et à l'échelle nationale.

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